Je ”sculpte“ l’image, quitte à parfois lui donner un sens différent, je cherche à provoquer l’accident en appliquant numériquement mes couleurs, la rouille détériore l’objet, le travail artistique renforce l’érosion et l’émotion. 

La série “Rouille et blessures” est l’aboutissement d’une réflexion que j’ai commencé il y a de longues années : J’ai depuis toujours été fasciné par les constructions humaines qui ont connues leur heure de gloire, puis qu’on a laissées à l’abandon et à la dégradation naturelle.

Pour mon travail, je me suis focalisé sur les pièces métalliques qui ont la singularité d’être en proie au phénomène d’oxydation ; la rouille. Les blessures du temps qui passe sont inéluctables et définitives. Ces plaies béantes nous renvoient à notre propre vie, à notre dégénérescence et à son écho mortel.

Dans mes images, je fais appel aux sensations physiques. J’interpelle et je provoque le spectateur qui peut être touché par l’aspect parfois repoussant de la détérioration ou séduit par la composition graphique.

Je vais tout d’abord à la rencontre des objets; je me laisse guider par le hasard ou je choisis précisément un lieu. Je prends des clichés photographiques et je me projette dans les images artistiques qui en découleront, j’applique mon point de vu.

Ces images sont ensuite réinterprétées plastiquement. Je laisse transparaitre les fantômes de ces objets et leurs histoires que j’ignore et que je phantasme la plupart du temps.

 

Lors de mes “visites” pour mon projet Rouille et blessures, j’ai découvert des lieux étonnants, notamment d’anciennes usines désaffectées. Si j’ai trouvé matière à enrichir ma collection d’objets oxydés, j’ai également été bouleversé par ces endroits. Autrefois occupé par l’homme dans un but industriel, ces lieux “donnaient” du travail, ils faisaient vivre les ouvriers et leurs familles. L’évolution des technologies ou la “loi du marché” a provoqué leur obsolescence mais aussi sans doute celle des travailleurs qui leur conféraient leur âme.

J’ai décidé de me tourner vers ces lieux, m’intéresser à leur histoire. Ainsi est né ”Désaffection”, qui en est aujourd’hui à ses balbutiements.

La galerie

Du numérique à l'objet physique

Les images ont été pensées pour être exposées en grand formats. Elles ont été tirées dans un premier temps sur un papier de création légèrement grainé à la dimension de soixante-cinq par cinquante centimètres.

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Musique Hubert Maël